L'objectif était d'atteindre le record. Récit made in Franck aka Chonky d'une très belle performance ce week-end, malgré les conditions exécrables. Bonne lecture !

 

Chapitre 1
Tout commence vendredi soir après le boulot. Me voici avec la ferme intention d’aller à la convention «YDJDT, le grand 8 » à Forcalquier, penché sous mon capot de voiture et changeant le thermostat d’eau qui m’avait lâché quelques jours plus tôt… Malheureusement, en montant la pièce reçue en urgence le matin même et qui aurait dû me permettre d’aller à Forcalquier je m’aperçois que son support est également cassé. => Adieu la montagne de la Lure pour la 2ème année consécutive !   
Tant pis je resterai à Lyon ce weekend.
 
 
Chapitre 2
Samedi 10H00 : J’appelle Martin pour avoir ses impressions avant course, lui compter ma mésaventure et lui dire que du coup je serais là pour les encourager, voire leur donner un coup de main sur la piste si besoin. Il me répond : « Viens à 10H30, je retrouve les autres pour les inscriptions »
Je saute alors sur mon mono et me rend sur le campus pour y retrouver Martin, Mo et Thomas qui avaient transformé leur camion cyclone/CDK/human energy en camp de base sophistiqué prolongé d’une tente. Ainsi que Nicolas, également venu en renfort. Plus Raphaëlle. Et Matthieu qui allait tenter de battre son propre record en solitaire (219km en 2009).
12H00 : Tout le monde est inscrit et l’heure du départ approche, Martin invite la joyeuse troupe à venir se serrer dans sa chambre étudiante autour d’un bon plat de pâtes : les coquillettes sauce tomate, le secret incontournable de tous ses titres internationaux ! Petite séance de photocopiage/découpage car nous n’avons qu’un seul dossard et une seule puce pour toute l’équipe => Nous voilà fin prêts pour battre des records !
 
Chapitre 3
13H45 : C’est l’effervescence, il s’est mis à pleuvoir, Thomas et Mo bricolent un ruban porte-clé pour y accrocher la puce, afin de simplifier au maximum les passages de relais. Pendant ce temps-là [Bang !], la 36 pouces de Matthieu -gonflée à 4 bars- vient d’exploser dans une ÉNORME détonation. Chambre à air déchirée sur plus de 50 cm de long, c’est la panique, pas de chambre de rechange sur le campement, il reste donc un quart d’heure pour vampiriser la chambre de la 36 pouces de Raphaëlle et prendre le départ avec le moins de retard possible…
14H00 : c’est le grand départ, Matthieu est en train de terminer le gonflage, Thomas est notre premier relayeur et je l’accompagne sur la première partie du tour d’honneur qui s’effectue, afin de préétirer le peloton, derrière un Vélo’V de l’organisation. Puis je devrai rentrer en mono chez moi afin de rapporter un équipement (change/matelas/duvet/ravito) plus adéquat pour tenir 24H que mes pompoms et ma bonne humeur et prendre le 5ème relais… Sauf que [Bang !] entendu à 200m, ce bruit ne présage rien de bon… Matthieu revient au camion avec une seconde chambre à air béante et l’intention de bricoler plusieurs chambres pour en reconstituer une. La surprise passée, Moh, Nico, Raph et moi l’en dissuadons et le poussons à prendre la course avec ma 26’’ Guni : « Ne t’occupe de rien, roule, on va aller au CDK racheter des chambres à air et réparer ta 36’’. Voilà donc Nicolas dépêché en mission de survie au CDK.
15H 10 : Nico revient avec des chambres à air fournies gracieusement par Stéphane du CDK pour l’équipe. Il va falloir faire le montage lentement avec un maximum de précautions car il n’y a avait plus qu’une seule chambre de 36’’ en stock… 
Pendant ce temps, Tom puis Martin roulent comme des fusées posant les bases d’un nouveau record.
15h30 : Réparation faite, Matthieu récupère avec plaisir sa 36’’ et je repars alors chez moi à 5km avec ma 26 Guni chercher mes affaires et faire une sieste.
 
 
Chapitre 4
17h06 : [Dring !] Pas le temps pour la sieste, Mo m’appelle déjà pour que je revienne sur le campus car il y a eu un souci avec le relais de Nico. En effet, peu habitué à rouler en 29 schlumpf, surtout avec de la pluie et des bourrasques à faire tomber les barrières en travers de la piste, ce dernier avait fait une grosse chute, s’écorchant largement le genou et ne finissant jamais son premier tour de piste…
~18H : Je prends mon premier relais de ces 24H ! C’est Thomas qui termine son second relais et qui me transmet la puce. Ce 1er passage de relais se passe bien malgré l’étroitesse de la piste. En effet, comme l’un des boulevards du campus est en travaux, le circuit habituel a été dévié de sorte que la route du camp de base est à double sens de course. L’avantage est que l’on voyait 2 fois plus souvent les coureurs passer, mais l’inconvénient était que les passages de relais n’étaient pas très sécurisés. Imaginez des trains de cyclistes passant à + de 40km/h, des tricycles lents et bien larges et des piétons peu enclins à marcher dans les pelouses inondées qui jouxtaient la piste, vous aurez une idée de l’espace qui nous restait pour rouler…
Comme on me l’avait conseillé pour plus de rapidité et de confort, j’attaque le circuit avec la 29’’ Guni de Mohamed et non pas ma 26’’ Guni. A priori, pas de soucis j’avais vérifié que les vitesses passaient bien et revu la hauteur de selle, sauf que voilà ce premier tour a été un enfer, j’ai bien failli m’empaler dans les barrières 7 fois: c’est-à-dire à peu près à tous les virages… Le pneu Schwable 29’’ est vraiment sous-vireur comparé à celui de ma 26’’ et je n’arrivais pas à incliner ce monocycle suffisamment en regard de la vitesse d’attaque du virage et devait alors freiner laborieusement ma bête pour ne pas sortir de piste.
Je demande alors à être relayé sur le champ, le temps de chercher ma chère 26’’ restée dans le coffre de la voiture, et me voilà reparti pour un peu moins d’une heure de course. J’ai sans doute une vitesse de croisière plus faible mais je peux passer les virages à toute allure sans besoin de relancer derrière ou presque.
~19H : Fin de mon premier relais, c’est Martin qui a repris la route.
 
Chapitre 5
Thomas revient du tableau d’affichage avec une bien mauvaise nouvelle : l’équipe a fait 70km en 4H ! A cette allure là on fera 70×6=420km en 24H c’est-à-dire très loin des 547km du précédent record… Plus la peine de se défoncer sous la pluie, c’est cuit. Pourtant cela parait impossible qu’on soit si loin : il faut rouler à 23km/h de moyenne pour battre ce record, Thomas et Martin sont à plus de 26km/h, Mohamed et moi avons tout de même une bonne allure. Donc même en tenant compte du temps perdu avec la mésaventure de Nico, ça ne colle pas !   
Deux hypothèses viennent : la puce ne fonctionne pas correctement et/ou la distance de piste est fausse dans leur logiciel. Un passage à la table de chronométrage confirme la première hypothèse : « Dossard 610 ? Oui, on sait que votre puce ne marche pas bien, on vous a déjà rajouté manuellement les fois où nous nous vous avons vu passé sans entendre de bip… On a les temps intermédiaires, donc sachant que vous ne prenez pas de pose, on peut en déduire les tours oubliés et corriger, ne vous inquiétez pas » Ouf ! => En attendant les corrections, on ne lâche rien !
 
Chapitre 6
Viennent alors la soirée et la nuit, la pluie a cessé et commence le balai des lampes frontales avec le son éloigné des concerts un peu plus loin sur le campus. Martin assure le ravitaillement en pâtes. Pour rester performant, Thomas veut absolument que nous évitions les relais trop long. Mais difficile d’avoir le temps de se reposer si on fait une rotation courte sur les 4 personnes, donc il propose de fonctionner en binôme et de passer la main dès les premiers signes de fatigue à son collègue et de faire autant de rotation que possible à 2 avant de réveiller le binôme suivant. Ce système a très bien marché pour la nuit avec les équipes suivantes : Moh-Martin, Tom-Franck.
21h22 : J’ai pu manger et dormir ~30 minutes, Thomas me réveille pour notre 1er tour de garde.
Vers minuit Moh-Martin prennent la relève. Je pille le stand fruits sec et apprécie la soupe aux oignons mis à dispo par les organisateurs. Puis retourne me coucher. C’est aussi pour Matthieu l’heure de passer sous les doigts du kiné et de dormir un peu.
Vers 2H je retourne voir Martin et Moh, j’assure un relais intermédiaire avant d’être renvoyé au lit par Martin il veut terminer ses 100 premiers km.
Vers 3H30 c’est notre tour de garde.
A 4H00 du matin, Nico viens malgré sa blessure voir si on a besoin d’un rouleur supplémentaire. On lui indique que non.
 
Chapitre 7
Thomas fonce toujours malgré la fatigue pendant que je somnole dans un siège sous une couverture assurant de temps à autre des relais de 20-30 minutes qui deviennent aussi de plus en plus dur pour moi… Le vieux tandem orange avec les maracasses dans les roues que nous doublions/suivions parfois cette nuit a un nouvel équipage qui file à tout allure dans un bruit d’enfer et nous mine le moral. Mais c’est aussi sur ce créneau que j’ai le plaisir de voir les concerts s’achever et le soleil se lever. 
Vers 6h30 ou 7H du matin la relève Moh-Martin est vraiment bienvenue. Ce dernier semble toujours aller aussi vite qu’à la première heure, incroyable. Alors que la nuit a été calme un orage arrive.
 
Chapitre 8
9h09 : [Dring !] Martin appelle pour la relève suivante, l’orage ne leur a pas fait du bien au moral. Oki, j’arrive!
J’ai dormi comme un loir et la pluie cesse bientôt. C’est le moment de sortir l’appareil photo. Je fais 2 bons relais à 24-25km/h et avec Thomas qui tourne très fort à 26-27km/h les kms s’accumulent.
Matthieu lui aussi a repris la route et nous nous amusons de l’état de son jean : « Rouler tue définitivement le pantalon ! ». Il ne sait pas combien de km il a fait car sa puce ne marche pas bien non plus, mais continue de rouler avec un sourire indétrônable. Mine de rien, avec ces relais par-ci, par-là me voilà avec + de 100km au compteur !
 
Chapitre 9
Vers 10H30 l’heure est au bilan de la nuit, les résultats ont a priori été corrigés des défauts de puce mais nous sommes très limite pour battre le record. Martin et Thomas se partagent donc les 3H de course restantes et vont toujours plus vite, dents serrées.
Avec le système de binôme, personne n’a tourné en dessous de 22km/h pendant la nuit, donc l’affichage parait toujours aberrant. Nous revenons donc à l’hypothèse n°2 (distance fausse) qui semble se confirmer en discutant avec les autres équipes. Le tour fait 2640m (mesure moyennée sur plusieurs compteurs) et non 2440m comme les années précédentes, soit presque 10% d’erreur ! L’organisation confirme qu’elle modifiera son calcul en conséquence.
Thomas et Martin roulent toujours comme des balles, si bien que les cyclistes fourbus viennent chercher l’aspiration derrière eux !
 
Chapitre 10
14H00 : Une foule de supporters vient saluer la fin des 24H.
14H20 : Un orage vient aussi saluer la fin de la course, Raphaëlle avec son parapluie et Nico nous accompagnent pour un dernier tour d’honneur en mono.
15H00 : L’assistance est nombreuse pour acclamer les différents podiums. Un cycliste qui avait sucé la roue de Martin pendant + d'une heure durant la fin de l'épreuve le félicite : « Je suis impressionné, sur une roue, vous roulez vraiment vite, vous étiez parfois à 29km/h, vous êtes vraiment fort. » Et Martin de répondre avec la simplicité et la modestie qui le caractérise : « Oui, ça allait bien, je venais juste de faire une sieste. »
Nombreux sont les médaillés qui peinent à gravir les marche du podium pour cause de jambes très lourdes.
Matthieu bénéficie d’un podium pour lui tout seul et son nom est scandé par le public. Il aurait fait 217km en 24H avec sa 36 pouce ! Soit juste 2km de moins qu’en 2009…
Nous sommes 2ème de la catégorie « HC », les premiers sont un groupe de 5 vélos couchés (loin devant) et les 3èmes sont une poignée d’étudiants de l’INSA avec leur fameux tandem orange bruyant et bricolé qu’ils ont –je ne suis guère étonné- dû ressouder en plein milieu de la course !
Les organisateurs annoncent alors que nous avons fait 535km, au lieu des 580.8km réels… Cela ne change pas l’ordre des podiums mais visiblement les distances n’ont pas été corrigées et tous kilométrages annoncés sont sous-estimés.
 
 
Chapitre 11
Matthieu fait donc 235km et bat également son précédent record ! Bravo !
Martin et Thomas ont donc bien pulvérisé le précédent record grâce à notre aide à Mohamed, Nicolas et moi (Nicolas à la logistique !)
Je suis très fier d’avoir roulé aux cotés de Moh et des 2 champions ! Merci !
Merci également à l’organisation des 24H.
 
Détails des distances parcourues :
Martin 77 tours (203.3km)  
Thomas 76 tours (200.7km)  
Franck 41 tours (108.2km)   
Mohamed 26 tours (68.6km)  
Nicolas 0.3 tour (800m)   
Total: 580.8km en 24H!
 
NEW RECORD !
 
Toutes les photos sont de Franck Hallay.

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