Du 30 juillet au 10 août 2014 se déroulaient à Montréal les championnats du monde 2014. Une grande fête du monocycle mondiale, avec 1163 compétiteurs représentants 34 nationalités. La délégation française y a fait bonne figure avec 16 médailles, dont six titres.

Comment ne pas commencer ce bilan en parlant de Martin Charrier. Le fondeur polyvalent a ramené cinq médailles des championnats du monde (dont trois titres), ce qui porte à 17 médailles (dont 10 titres !) son total tous championnats du monde confondus. Martin est fort sur route : il n'a été battu qu'au sprint lors du 10km, terminant deuxième. Il finit également troisième lors du marathon.


Martin Charrier en tête lors du 10km. Photo François Wurmser.

Mais ces deux courses n'étaient pas assez difficiles. Martin s'exprime le mieux dans les parcours difficiles. Il peut alors pleinement faire parler son physique, son endurance. Le cross country était comme ça : un parcours difficile. Martin parti en tête, il n'a plus jamais été rejoint. Le course de côte est également sa chasse gardée : il s'impose de 7 secondes, et ce malgré une chute ! Enfin, il y avait la grande nouveauté de ces championnats du monde : le cyclocross. Une sorte de cross parsemé d'obstacles que les participants doivent franchir en courant, leur monocycle à la main. Là encore, Martin n'a laissé aucune chance à ses adversaires, faisant toute la course en tête.

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Martin Charrier et ses cinq médailles. Photo Bruno Charrier.

Pour continuer sur les courses de fond, il faut noter deux performances en standard (taille de monocycle réglementée). Thomas Pajon prend la troisième place en marathon. Là aussi le parcours extrêmement plat (la course à eu lieu sur le circuit de voiture Jacques Villeneuve) a peut-être handicapé Thomas, qui est fort sur les parcours difficiles (il avait gagné dans le Tyrol italien).

Au 10km standard, Adrien Caire, à la lutte pendant toute la course avec son frère et le Néo-Zélandais Ken Looi a finalement obtenu la troisième place.

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Adrien Caire lors du 10km standard. Photo de Paul Sergent.

Le basket est depuis maintenant quelques années la chasse gardée des équipes françaises. Nous avons assisté cette année au tournoi le plus relevé de l'histoire de la discipline. Les Woom (Lyon) déjà doubles champions du monde en titre ont assumé leur statut d'archi favori. Ils ont été peu inquiété, malgré une équipe américaine qui sur le papier faisait peur. Mais voilà, en manque d'expérience à ce niveau, l'équipe s'est révélée fébrile. Les Cycl'Ass (Haute-Savoie) en ont profité pour s'emparer d'une belle deuxième place. Une réalisation notable pour cette équipe encore jeune.

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Woom vs Cycl'Ass, finale de basket. Photo de Adam Politzer.

L'artistique freestyle est une des plus anciennes et prestigieuses disciplines du monocycle. La France a une scène encore embryonnaire dans cette discipline. La médaille de Pierre-Yves Billette, troisième, n'en est que plus belle. Autodidacte, il est arrivé tout seul à ce niveau. Quatre ans après son titre en Nouvelle-Zélande, c'est une belle confirmation de la part de Pierre-Yves.

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Pierre-Yves Billette. Photo Olivier Teisserenc.

Du côté des disciplines extrêmes, le vieux briscard Adrien Delecroix a obtenu une troisième place en flatland. Il propose des combos impressionnants, qui ne sont pas toujours valorisés contre des gens qui combinent moins, mais innovent plus. A l'issue de cette compétition, Adrien a annoncé sa retraite des compétitions de flat.

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Adrien Delecroix en flat. Photo Brian Oley.

On savait qu'Eddie Ducol, vingt ans, avait du potentiel, mais il a fait plus que le confirmer. Il était attendu en saut en hauteur, et il répond présent en obtenant la troisième place avec 1m23. Il confirme aussi qu'il a du style, puisque ce spécialiste de street obtient la deuxième place en Slopestyle street, une sorte de border cross avec figures jugées. On ne l'attendait pas en trial, mais il arrive à aller en finale, ce qui est un bel exploit. En speed trial, il est le premier surpris, puisqu'il obtient la deuxième place. Trois médailles mondiales, c'est extrêmement prometteur pour la suite !

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Eddie Ducol à la finale du saut en hauteur. Photo Danielle Ross.

Enfin, les dernières médailles ont été récoltées par Baptiste Albert. Spécialiste de la lenteur, Baptiste domine cette discipline depuis les championnats du monde de 2008 au Danemark. Deux titres pour Baptiste donc, en lenteur avant et arrière.

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Baptiste Albert, champion du monde de lenteur.

De beaux championnats du monde d'un point de vue sportif, et de très beaux championnats au niveau de l’atmosphère, et de l'ambiance générale. Du fair-play, du plaisir. La joie de participer pour tous transparaissait dans chaque discipline. A dans deux ans en Espagne !

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