Lake Taupo, c'est le plus gros événement de vélo de route en Nouvelle-Zélande, avec pas loin de 10 000 cyclistes. 160 splendides kilomètres autour du plus grand lac de Nouvelle-Zélande, avec 1650 mètres de dénivelé positif. Ken Looi s'est lancé dans le défi pour la septième fois en monocycle… un habitué ! Mais cette fois, il a choisi le 24 pouce standard pour corser un peu la chose…

Le récit original en Anglais.

24 pouces donc et 125mm pour les manivelles. Le monocycle dit « standard », c'est-à-dire optimal pour cette catégorie en compétition. L'idée de la catégorie, c'est de s'affranchir au maximum du matériel, en mettant tous les monocyclistes au même niveau. C'est donc la performance du pilote qui est importante.

Pourquoi ce choix ? 

KL : « Ce que j'aime dans cette configuration, c'est sa simplicité. Chaque année, , il y a du nouveau sur mon monocycle de course – vitesses, guidon, frein hydraulique, puis frein à disque… c'est sympa de se débarasser de l'ancre de bâteau de 8kg pour revenir sur un monocycle standard de 3kg. Ça va peut-être moins vite, mais on a la sensation d'un monocycle, pas d'un tracteur à vitesse. »

La bête :

Ken est parti avec le groupe des plus lents, du coup départ à 6h du mat' ! Porridge et Banane pour remplir le réservoir.

La course commence par une petite descente, avant une longue et progressive côte. Dès le début de la montée, Ken commence à dépasser des vélos. Beaucoup de vélos. Le monocycle standard est parfait pour grimper les côtes à vive allure, et il en profite pour se hisser dans le groupe de tête de son groupe de départ avant la première descente. Dans les premiers 60km, une dominante de côte lui permet de rester en bonne position, bien qu'à chaque descente les vélos en profitent pour le doubler à vive allure. Les premiers dix kilomètres sont franchis en 31 minutes, ce qui au vu du parcours et des kilomètres à venir est excellent. Ken ralenti un peu dans les dix kilomètres suivants, puisqu'il passera la barre des 20 en 64 minutes, soit une moyenne de 18km/h ! Objectif : arriver sous les 10 heures, voire même 9h30.

Ken continue sa route à un rythme régulier, mais les premiers effets de la fatigue se font sentir. Le premier soucis est la difficulté de maintenir une rotation extrêmement rapide des jambes avec aussi peu de résistance. Mais le principal problème, c'est le mal aux fesses ! Sans guidon, avec un rythme de rotation au dessus de 160 tours minutes, la douleur arrive vers le 60ème kilomètre (ndlr : croyez moi, moins entrainé, ça vient bien plus tôt !), et ce malgré la bonne selle. Ça aide, mais ce n'est pas suffisant ! Ken doit s'arrêter ensuite régulièrement, d'abord toutes les 20 minutes, puis toutes les 5 minutes.

Après 80 kilomètres (franchis en 4h38), Ken est toujours en bonne position, et il se concentre sur l'objectif d'y rester jusqu'au pied de la côte de Kuratau. Sa montée préférée cette année ! Avec un monocycle ultra léger, il utilise sa rapide rotation des jambes pour doubler de longues files de vélos. Et puis la plus grande résistance dans les pédales lui permet de soulager les points de compression.

Après Kuratau, ça devient de plus en plus dur. C'est la partie plate la plus longue, ce qui devrait permetre de dérouler à plus de 20km/h… si seulement il pouvait s'asseoir ! Des énormes bleux sur chaque fesse l'en empêche. Sur le plat, ce sont les cyclistes qui doublent, et ceux-ci ne sont pas avares d'encouragements, mais la meilleure réponse que Ken est alors capable de fournir, c'est une sorte de sourire qui tourne à la grimace. Voilà la vue sur le lac, mais Ken doit passer de plus en plus de temps à l'arrêt sur le bas côté. Au moins, la vue est belle !

Le voilà au pied du dernier obstacle, la côte de Hatepe, qu'il attend avec impatience, histoire de changer un peu de rythme. Malheureusement, à peine la montée entamée, c'est la crevaison, et Ken a oublié d'embarquer des démontes pneu. Après une belle galère et quelques jurons biens sentis pour retirer le pneu, il arrive à emprunter des démontes pneu et à effectuer la réparation. Il reste seulement un peu d'énervement pour les 30 minutes perdues pour une simple crevaison.

Après avoir franchi Hatepe, une lente et douloureuse descente en ligne droite sur 15km attend Ken. Une petite fringale au sommet est vite calmée par le stock de barres de céréales. Le vent commence à se lever, mais en 24″, c'est beaucoup moins handicapant qu'en 36″.

Dernier virage dans Taupo, et Ken conclue son tour du lac en 11 heures et 36 minutes. Un peu déçu de ne pas être sous les 10 heures, surtout alors que la première moitiée était clairement dans les temps, mais heureux d'en avoir terminé.

Une consolation : alors qu'il comate dans la tente ravitaillement, son numéro est appelé : il a gagné un des premiers prix de la tombola, un jacuzzi d'une valeur de 25 000 dollars ! C'est pas l'envie de s'y plonger qui manque, mais malheureusement, il est vide !

Seule interrogation pour Ken : que va-t-il bien pouvoir en faire ??

100 miles, c'est une grosse performance en monocycle. Mais alors en 24″, c'est prôche de l'inconscience ! Physiquement, comme pour tout trajet longue distance, le plus difficile semble être les douleurs liées à la selle. En tout cas un sacré exploit réalisé par Ken.

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Gingo

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