Le tournoi de basket bénéficie comme souvent d'assez peu de temps de jeu pour départager les dix équipes présentes. Sur ces dix équipes, huit évoluent régulièrement dans la ligue proposée chaque année en France sous forme de huit tournois. Les Troubadours viennent d'Alsace, les Monogygotes sont Bordelais, les Monostars représentent Rennes, les Anim'à fond sont d'Orléans, les Woom viennent de Lyon, les Cycl'ass sont composés de français du sud-est et de suisses, les Wheel frites représentent la Belgique et les BAM viennent de Saint-Brévin sur la côte atlantique.
À ces belles équipes, viennent s'ajouter deux inconnues.
La première est issue de Porto Rico. C'est l'équipe qui a historiquement dominé le basket à monocycle, avec dix titres mondiaux. Mais les Porto Ricains ne sont plus ce qu'ils étaient, et ils ont finit seulement sixième à Montréal. Ils ont soif de revanche et ont amené quelques jeunes avec eux , ainsi que toute l'ancienne garde afin de reprendre ce qu'ils considèrent comme leur : le titre de champion du monde de monobasket.


SLO Ballerz en vert, Porto Rico en blanc et rouge.

La seconde nous vient de Saint-Louis Obispo, Californie. Les SLO Ballerz sont nés avec le basket, ils respirent et vivent basket. Mais ils ont rarement l'occasion de se confronter au haut niveau, et ils sont donc la grande inconnue de ce tournoi. Deux ans auparavant, ils ont finit troisième en ayant du mal à s'adapter à l'arbitrage intransigeant « à l'européenne ». Là, ils se disent près. Ils sont roublards et ils ont du métier.


Wheel Frite contre Porto Rico. Photo Romain Gadiolet.

Voici les poules : toutes les équipes s'affrontent. Les Woom, champions du monde en titre, dominent leur sujet. Venus à dix, ils font facilement la différence avec les équipes qu'ils connaissent, comme avec celles qu'ils connaissent moins bien. Derrière, c'est très serré. Les Cycl'Ass, vice-champions en titre perdent de justesse contre les SLO Ballerz, dans un match intense, où nous avons vu de part et d'autre quelques mauvais gestes. Les Porto Ricains font leur bonhomme de chemin, mais peinent à s'imposer. Ils perdent contre les Woom, les Cycl'Ass et les Ballerz, mais aussi contre BAM !


Woom versus Cycl'Ass. Photo Romain Gadiolet.

Après les poules et le départage, le tableau final se dessine. Les Porto Ricains sont éliminés et termineront finalement à la sixième place. Les BAM passent également à la trappe sous les coups des Wheel frites, eux-mêmes ensuite sortis par Anim'à fond. En demi finale, les Woom retrouveront les Anim'à fond auteur d'un excellent tournoi, et les Ballerz joueront les Cycl'Ass qui ont soif de revanche. Le premier match est plié au bout de quelques minutes. Les Woom surclassent les Orléanais dans tous les compartiment du jeu.
C'est la deuxième demi-finale qui suscite l'intérêt. Elle est arbitré d'une main ferme par deux arbitres espagnols locaux. Le respect de l'arbitrage est donc bien plus présent chez les joueurs, d'autant qu'à la moindre incartade, la faute technique tombe. Le match est tendu, accroché. Les équipes se tiennent à rien, et quand l'une prend un peu l'avantage, l'autre revient aussitôt. Les Cycl'Ass jouent leur meilleur basket. Mais chez les Ballerz, on a bien caché son jeu. John, numéro 33 n'a pas pris un shoot de tout le tournoi, et le voilà qui maintient son équipe à flot en enchaînant les trois points ! Sous pression, les Cycl'Ass retombent dans leurs travers, essayant de trouver une solution individuelle alors que le salut devrait être collectif. Ils s'inclinent d'un souffle, et les américains rejoignent les tenants du titre français en finale !


Cycl'Ass contre Ballerz, demi-finale. Photo Romain Gadiolet.

En petite finale, les Anim'à fond ont faim. Ils commencent par infliger un 8-2 à des Cycl'Ass encore un peu assommés par l'élimination en demi finale. Mais ceux-ci lancent le jeu rapide, le jeu fort. Les shoots de Thomas Tiercy font mal, sans compter les pénétrations de Jérémy Caire. Les Orléanais s'inclinent donc de six points. Les Cycl'Ass rapportent donc le bronze. Certes, ce n'est pas ce qu'ils sont venus chercher, mais l'équipe a tout de même bien rebondi après la défaite amer contre les Ballerz. Les Anim'à fond représentent la plus belle progression de ces deux dernières années, ils deviennent dangereux pour tout le monde et commencent à tutoyer les sommets. Un peu plus d'exéprience, et rendez-vous dans deux ans !


Anim'à fond versus Cycl'Ass, petite finale. Photo Tom Holub.

Quatre fois dix minutes, c'est le temps de la finale. Les américains sont prêts, ils sont venus pour ça. Côté français, on est sereins : le niveau est là, le banc est au complet, les solutions multiples.
Le début de match est un peu brouillon : les deux équipes subissent la pression et l'enjeu lié au match. Chez les Woom, c'est le meneur Romain Gadiolet qui lancera le premier son équipe avec une série de paniers à mi-distance. Les Ballerz s'accrochent, et à la fin du premier quart temps, les deux équipes se tiennent encore.


La finale, Ballerz contre Woom. Photo Tom Holub.

C'est le moment que choisissent les champions en titre pour enclencher la machine. Tirs à distance de Romain, interceptions et contre-attaques d'Adrien Lichtfouse ou Pierre-Gabriel Gorzala, sans compter le jeu des grands : Florian Millet-Naas toujours aussi extraordinaire sous le panier, Pierre-Arthur Teste D'Armand, capable de trouver le shoot en face quelle que soit l'opposition. Julien Perrot est mobile il se place habilement sous le panier et c'est le roi du rebond. Sébastien Renaud est toujours aussi régulier au shoot. Olivier Dupré fait parler l'expérience pour se faufiler dans la défense. Bref, les Woom sont au rendez-vous et ne laissent aucune chance à une équipe américaine clairement surclassée. Champions du monde, pour la quatrième fois consécutive. Bravo.


Le Woom, champion du monde ! Photo Romain Gadiolet.