Aujourd'hui 3 août 2014, l'événement le plus attendu, c'était le freestyle. L'artistique senior expert. Les big boss en fait. Se déroulaient également les qualifications des concours de hauteur et de longueur.

Lors des épreuves de saut, les six premiers sont qualifiés pour la finale. Nul besoin donc de sortir sa meilleure performance lors des qualifications. Et pourtant… Nous avons assisté à un nouveau record du monde dans chacune des deux disciplines. Les techniques se raffinent, et les monocyclistes s'envolent toujours plus haut, toujours plus loin.

En hauteur, le britannique Mike Taylor a porté le record mondial à 1m34, s'élevant 2cm plus haut que le précédent record. Avec 1m20, Eddie Ducol passe en finale.


Mike Taylor lors du saut en hauteur. Record du monde à la clef !

En longueur, le record a été porté à 4m28. Les techniques évoluent, et l'épreuve est de plus en plus basée sur la vitesse, mettant à rude épreuve le matériel et les organismes. Eddie devra s'arrêter après avoir plié un axe.


Paul Sergent lors du saut en longueur.

Mais voilà le soir et l'épreuve tant attendue. L'artistique freestyle. Les femmes passent en premier. Les styles s'opposent. L'école japonaise propose des chorégraphies très au point, très précises, à base de variation de gliding debout. A l'opposé, l'école occidentale propose des routines denses techniquement, mais souvent plus pauvre artistiquement.


Katrine Jensen, vainqueur de l'artistique freestyle

La Danoise Katrine Jensen, élégante et précise, technique et fluide obtient la médaille d'or. Elle devance la tenante du titre, l'allemande Janna Wohlfarth, ainsi que la japonaise Natsume Yamamoto. Celle-ci aura su allier les techniques d'inspiration occidentale aux techniques traditionnlles maîtrisées par les japonaises.


La japonaise Natsume Yamamoto en arabesque. Photo Olivier Teisserenc.

Chez les hommes aussi, l'opposition de style est radicale. Très peu de japonais cette année, seul Kaito Shoji représente le pays du soleil levant. Parfait techniquement, il aurait pu s'imposer dans une épreuve dense techniquement, où beaucoup de monocyclistes se tenaient dans un mouchoir de poche. Mais il est tombé. Phillipe Henestrosa a aussi handicapé ses chances : après une belle routine de forte inspiration Japonaise, il a tenté une figure inédite en compétition : debout sur la selle. Très dur à lancer, malgré l'aide de deux comparses, cette figure lui a pris 30 secondes du programme, rompant la continuité et l'esthétique de sa routine, sans qu'il parvienne à réussir sa figure. Un pari qui aurait pu s'avérer gagnant, mais qui lui coûte au final probablement le podium. Le podium, qui est remporté par l'américain Matt Sindelar. Excellent techniquement, Matt a compensé son côté artistique moins prononcé que d'autres par une grosse densité technique. C'est ce qui lui permet de l'emporter.


Matt Sindelar, à la fois bon, brute et truand. Photo Olivier Teisserenc

Pierre-Yves Billette s'est bien remis de la déception d'il y a deux ans en Italie. Remobilisé, celui qui s'est toujours entrainé à l'écart a de nouveau prouvé qu'on peut réussir en se faisant tout seul. Il monte sur une très belle troisième marche du podium et apporte du même coup la 4ème médaille française. Bravo Pierre-Yves !


Pierre-Yves Billette, troisième, remonte sur le podium quatre ans après la Nouvelle-Zélande. Photo Olivier Teisserenc.

Mais comment parler du freestyle sans évoquer la splendide routine du Suisse Thomas Tiercy. Net vainqueur à l'applaudimètre, celui qui avait enchanté les foules avec son monocycle vivant indépendamment à Brixen il y a deux ans, a encore frappé avec un  numéro chorégraphié, précis, esthétique, étonnant. Pourquoi n'est-il pas sur le podium ? Pour une raison simple : il fait peu de monocycle dans sa routine. Beaucoup de manipulation, entrecoupée de quelques figures techniquement élevées. Ca reste à mon avis le numéro le plus abouti de la soirée.


Thomas Tiercy, toujours original, toujours créatif. Photo Olivier Teisserenc.

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